L'éducation au Mali
L'éducation au Mali
Pourquoi l’éducation en Afrique?
Ne pas se faire arnaquer au marché ou avec des clients, apprendre de nouvelles choses qui vont aider, pouvoir écrire des lettres, pouvoir lire les pancartes, déchiffrer les factures du marché, améliorer l’hygiène.
L’éducation a été longtemps vue comme un simple processus d’acquisition des compétences de base (écriture, lecture, calcul). Elle n’est pas encore aujourd’hui considérée comme un moyen pour les individus d’accéder à un développement socioéconomique et l’apprentissage de nouveaux savoirs. Mais tout tend à atteindre cet objectif.
L’éducation face à l’oralité africaine
La tradition orale est le pilier de la culture africaine. Dans un monde globalisé, la scolarisation apparaît incontournable. Passer de l’oral à l’écrit devient alors un chemin semé d’embûches.
« En Afrique un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle » Phrase d’Amadou Ampathé Bâ qui reflète l’importance de la culture orale. Sur le continent, la parole est indissociable de la vie de groupe et de la cohésion sociale des communautés. Savoir bien parler, raconter et exposer sont des éléments fondamentaux de la société africaine. Aux plus hauts niveaux d’autorité, l’art du discours a toujours été entretenu et soutenu. Les griots (troubadours officiels) ont une fonction littéraire orale. (Musiciens, louangeurs, danseurs, porte parole, conseillers ou généalogistes voire gardiens des mémoires et des traditions). Toutes leurs connaissances passent de générations en générations et de père en fils
Le passage d’une société de l’oral à une société de l’écrit n’est ni immédiat, ni facile. C’est tout un système de pensées, de référentiels et de valeurs qui doit être adapté. Il y a un véritable consensus de la nécessité de l’éducation en Afrique.
Arrivée à l’école les enfants savent déjà beaucoup de choses de part leur participation dans la vie économique de la famille (soigner les animaux, compter). Il faut tenir compte du savoir acquis au sein des familles et de l’environnement mais aussi élargir à partir de ce savoir leurs connaissances dans d’autres domaines afin de ne pas provoquer un rejet chez eux ou une méfiance
Les objectifs de l’éducation
Les objectifs de l’éducation ne sont pas seulement d’apprendre à lire, écrire et compter.
Méthodes
Il faut assurer un bon programme et s’appuyer sur des besoins réels, non pas livrer des programmes standardisés qui sont inadaptés et peu attractifs. L’élève ou l’auditeur en dehors des cours doit avoir accès à des livres.
Des efforts de sensibilisation pour l’envoi des enfants à l’école sont faits depuis quelques années maintenant mais demeurent encore insuffisants.
En brousse il faut sensibiliser les parents pour ne pas envoyer leurs enfants pour les travaux des champs ou la surveillance des animaux pour les garçons, et de la maison pour les filles.
« Tous cas d’enfant qui n’arrive pas à terminer le premier cycle de l’enseignement est considéré comme un abandon (un élève, sans être exclu, met fin à son cursus scolaire, quelqu’un soit la cause) et/ou un échec scolaire (incapacité pour un élève de suivre un cursus scolaire jusqu’à son terme) » Bonaventure Maïga Conseiller technique au Ministère de l’Education
Les facteurs qui expliquent l’échec scolaire sont de trois ordres :
- Pédagogique : les programmes d’enseignement ne sont pas forcément adaptés aux enfants
- Culturel : les conditions favorables à la réussite scolaire doivent être réunies au sein des familles
- Temporel : les enfants ont besoin de temps pour assimiler les cours et les restituer correctement.
L’échec scolaire
Des cours adaptés au rythme des enfants sont développés au Mali pour remédier au problème de l’échec scolaire. Les causes de l’échec scolaire sont multiples, liées aussi bien aux capacités des enfants qu’à leurs conditions de vie et aux contextes familiaux. Au Mali le choix du gouvernement a été de favoriser l’accès à l’éducation pour tous. C’est une étape positive. Mais l’absence d’une stratégie bien définie a tendance à augmenter le nombre d’élèves en difficulté. L’accès à l’éducation pour tous, autrefois priorité de l’état, s’accompagne maintenant d’une politique de qualité. Après s’être engagé en 1990 à garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants scolarisables dès 2015, le Mali s’attache à améliorer la qualité de son système éducatif. « L’état propose désormais des enseignements adaptés au rythme et aux difficultés des enfants et met à leurs dispositions davantage de manuels ». Bonaventure Maïga, Conseiller technique au Ministère de l’Education.
Il faut créer un environnement bénéfique pour l’enfant. Avoir un milieu scolaire dans lequel il préfèrera se retrouver plutôt que de rester avec ses parents, faire la cuisine, aller puiser de l’eau..........
|
|
MALI |
FRANCE |
|
Espérance de vie scolaire |
8,4 |
13,4 |
|
Taux d’achèvement du primaire |
64% |
Donnée indisponible |
|
Taux brut de scolarisation premier cycle du primaire |
51% |
111% |
|
Commentaires |
En 2000 le Mali s’est donné 10 ans pour atteindre un taux brut de scolarisation de 95% à l’école primaire. Le nombre d’élèves du premier cycle a presque triplé entre 1991 et 2000 |
En France plus de 90% des enfants sont accueillis dès trois ans dans des structures pré-primaires. Chaque année 150 000 jeunes quittent le système scolaire sans qualification |
« Le taux brut de scolarisation a atteint 82% en 2009 mais seulement 53% des enfants atteignent le niveau de 6ème année, soit plus de 40% des jeunes maliens quittent le système éducatif dès le primaire sans avoir acquis la moindre compétence ». Par ailleurs seulement 1/3 des enfants maliens arrivent en 7ème année et 1/4 vont au secondaire. Mohamed Touré déplore aussi d'autres types de formation professionnelle non adaptées au système.
Les mères
Les questions a se poser pour une éducation adaptée au Mali
Quel changement faut-il apporter pour que le système éducatif soit plus performant, quel accompagnement local à envisager pour que l'éducation réponde aux besoins des communautés à la base, voila différentes questions posées par M. Touré. Toutes ces interrogations renvoient aux aspects de qualité, de pertinence et de gestion décentralisée. De son point de vue, les résultats obtenus par le PISE (programme d'investissement sectoriel de l'éducation) phase I et II sont très mitigés. « Le PISE a souffert dans sa mise en œuvre d'énormes difficultés qu'il faut revoir dans la phase III notamment la lourdeur des planifications, l'absence d'informations sur les cadrages budgétaires au niveau régional, la faible capacité des acteurs locaux à piloter, le dispositif d'éducation formation, la non-effectivité du transfert des ressources financières aux collectivités malgré le transfert des compétences", se défend-t-il. Sur le plan de la qualité poursuit-il, toutes les actions prévues dans le PISE qui devraient contribuer à améliorer la qualité de l'éducation en République du Mali ont accusé un retard ou ne sont jamais venues à l'image de la généralisation du curriculum, de la formation initiale et continue des maîtres, la mise à disposition des manuels scolaires avec des contenus adaptés aux réalités du milieu. « D'autre part, on voit bien que le gouvernement actuel est entrain de faire des efforts pour sortir notre école du trou, mais nous devrons continuer dans ce sens et appliquer systématiquement les recommandations du forum sur l'éducation».
Mis à jour (Mardi, 05 Octobre 2010 20:40)
