Où en est-on à Fatoma?

Où en est-on ?

Toujours tourné vers l’avant
Et en mouvement tous ensemble
Tous les responsables villageois des communes voisines de Fatoma à savoir Bassiro (six villages) et Kounari (trente deux villages) ont été formés et sensibilisés.
Le paysage géographique des trois communes a été découpé en six zones :

Découpage des trois communes en six zones

Découpage des trois communes en six zones

A ce jour, la population cible se mobilise en s’impliquant dans cette lutte. C’est ainsi que les villageois eux mêmes interviennent directement en tant qu’acteurs au sein de leurs villages. L’excision persiste dans beaucoup d’endroits encore des communes de Bassiro et Kounari tout juste sensibilisées. Les moyens matériels et financiers disponibles jusqu’à présent ont permis d’ouvrir les portes vers la réussite de cette lutte. Loin d’être gagnée, seules des actions à moyen et long terme peuvent parvenir à cette victoire sur l’excision.

C’est un véritable mouvement communautaire qui est en route puisque les villageois prennent cette lutte dans leurs mains en se responsabilisant et se détachant de toute autorité politique en dehors de l’administration dont ils dépendent.

Les différents villages des six zones sont :

ZONES

NOMBRE

VILLAGES

A

5

Kapio, Kalassirou, Wagnaka, Kamaka, Womina

B

8

Pouthiewel, Karbaye, Guirowel, Manako, Kermoye, Souma, Sassolo, Kourga

C

8

Kangila, Ourobaïnde, Tomonthiera, Siniré, Sampara, Pathia, Saré Sana, Moussawal

 

D

12

Saré Bambara, Dégua Ouro, Sambere, Simina Alfa, Deguena, Ouro Nama, Gninagou, Saré Déra, Saré Soma, Dari, Saré Hamadi, Moussourou

 

E

9

Gadari, Dégou, Tepawal, Tombourguil, Sougui, Seguêbouguê, Kondioly Foyna, Kondioly Maoudé, Sossari

 

 

F

20

Sabé, Danna, Fatoma, Thy, Samboubaka, Koriawel, Diambadougou, Badigo, Tiaboly, Sassarou, Daladougou, Diaborky, Niacongo, Desséré, Komboko, Samaloye, Trompessé, Mamourou, Koumbel Gaoudé, Boumboumkoré

Dans chaque zone l’ensemble de la population a constitué sur place un bureau de comité villageois de lutte contre l’excision nommé COVILACE. Ainsi six bureaux ont vu le jour.

BUT DES BUREAUX DE COVILACE

Leur but est de promouvoir la santé de la femme et de l’enfant

 

OBJECTIF DES BUREAUX COVILACE

-         Obtenir un changement de comportement positif vis à vis de l’excision

-         Favoriser la lutte à travers les villages avec l’implication totale du bureau à travers les activités prévues et menées

 

ROLE DES BUREAUX COVILACE

- Initier des activités pouvant amener la population à comprendre les messages de sensibilisation
- Identifier et chercher des solutions pouvant amener les personnes réticentes vis à vis de l’abandon de l’excision à comprendre l’importance d’éviter cette pratique de leur propre gré
- Veiller à ce qu’il n’y ait pas de récidive en mettant sur place une surveillance dans le cadre du respect des coutumes et traditions du milieu
- Représenter toute évaluation liant la population aux activités de celle ci et en faire une restitution
- Participer à toutes les recherches de ressources initiées par les villageois quant aux activités

Au jour d’aujourd’hui, la PELCE (Programme Elargi de Lutte Contre l’Excision), programme national malien, a été sollicité. La pérennisation des acquis et l’autonomie financière des activités de sensibilisation passent par un projet présenté aux villageois à savoir la construction d’un centre afin de répondre aux besoins spécifiques de la population notamment

-        Changement psychosocial
-        Amélioration des conditions socio-économiques et sanitaires des femmes, enfants et hommes

L’ensemble de ces cibles constitue une famille. C’est pourquoi le centre se dénommerait FAMILLE

Ce centre est un appui à l’initiative communautaire. Une fois équipé et fonctionnel il a pour but de rendre la population villageoise des trois communes complètement autonome financière

 

 

REINSERTION ET RESPONSABILISATION
DES COMMUNAUTES

OBJECTIF GENERAL

OBJECTIF SPECIFIQUE

RESULTATS ATTENDUS

ACTIVITES

 

 

 

 

Responsabiliser et autonomiser les communautés bénéficiaires dans le cadre des activités du projet

Réinsertion des exciseuses

Promouvoir une santé de reproduction des jeunes mères

Mise en place du centre, appui aux initiatives communautaires de lutte contre l’excision

Améliorer les conditions socioéconomiques des exciseuses et des communautés

Améliorer les conditions socioanitaires des communautés

Lutter contre la pauvreté

Pérenniser les acquis

 

Alphabétisation

Formation Professionnelle

Commercialisation

Prise en charge médicale

Sensibilisation

Suivi et évaluation

Production

Pour permettre à la population villageoise d’assurer l’autofinancement de ce centre, quatre volets ont été créés :

Alphabétisation : La population des trois communes est majoritairement analphabète. L’alphabétisation des villageois est le premier pas vers la compréhension et la maîtrise des techniques d’apprentissage

Formation professionnelle: Elle permet par la suite d’apprendre les différentes techniques :
Transformation, conservation : pommade, savon, insecticide
Teinture
Embouche
Couture
Banque céréale
Pour être plus explicite, un exemple est donné avec la teinture.

Des villageois ayant suivi l’alphabétisation, puis la formation professionnelle, sont choisis par les responsables de bureaux des différentes zones. Ils sont renouvelés à chaque promotion. Le centre leur fournit la matière première (tissu, colorant, sceau, bassine, gants.....). Eux produisent et redonnent au centre chargé de la vente du produit fini. Le bénéfice est retiré après la déduction des fournitures récupérée par le centre. Le gain peut alors être réparti en trois :

une prime pour le travailleur

une épargne pour la retraite du travailleur

une part bloqué sur un compte durant deux ans

 

Santé reproduction : Chaque femme enceinte cotise à raison de quatre cent FCFA par mois. Le total des cotisations grossit le fond du centre réservé à ce volet. Ainsi des médicaments peuvent être achetés dans le but de tirer un profit lors de leur revente.

Chaque adhérente est entièrement prise en charge durant toute sa grossesse et durant les deux premiers mois post partum ainsi que le nouveau né.

Sensibilisation : Chaque trois mois, des activités sont organisées dans les différentes zones par chacun de leur bureau appuyées et soutenues techniquement par les superviseurs.

Les responsables des bureaux des six zones se sont réunis pour nommer les hommes et femmes susceptibles de gérer ce centre

Petit déjeuner avant la nomination des responsables de la gérance du centre
LE FONCTIONNEMENT DU CENTRE est assuré par quatre commissions dont les membres ont été retenus et reconnus ce jour là à l’unanimité des voix sans procéder à aucun vote, par simple désignation orale.
Signataires de banque : Deux personnes, un homme et une femme sont responsables de la signature du compte bancaire bloqué pendant deux ans

Comité gestion : Six personnes sont nommés. Ce comité est le moteur même du centre. Il  responsable de la circulation de l’argent à l’intérieur du centre.

Donner

Récupérer

Redistribuer

Commission surveillance : Six personnes gèrent le volet exclusivement réservé à la santé. Composée de sage femme, elle est chargée de :

Récupérer les cotisations des adhérentes

Veiller aux soins de qualité des parturientes et jeunes mères avec leur enfant

Récupérer l’argent de la revente des médicaments

Commission commercialisation : Six personnes assurent la transparence de la revente des produits finis

Entre ces quatre commissions circulent des pièces justificatives évitant toute malversation.

Le projet pour la création de ce centre a été déposé auprès de la MELM qui a trouvé un partenaire financier auprès de la Norvège. Les fonds sont débloqués mais le démarrage des travaux du centre ne peut commencer sans l'obtention du titre foncier du terrain sur lequel il sera construit,

 

L'association Mali Flo a permis l'achat du terrain et le financement de l'obtention de son titre foncier an nom des villageois des quatre communes afin d'en éloigner toute instance politique.

L'Association Mali Flo a également permis de perpétuer la sensibilisation au sein de tous les villages, d'organiser des rencontres avec tous les acteurs de terrain et leur permettre de continuer leurs activités.

Les objectifs du projet ont été atteints. Au jour d’aujourd’hui le centre est en attente de réfection. Sa construction envisagée pour l’année 2011 a été bloquée suite aux problèmes de déstabilisation de la région de l’Afrique de l’ouest notamment la Côte d’Ivoire. Ce centre a pour unique but de permettre un auto financement des activités villageoises dans le domaine de l’abandon de l’excision. Le projet s’étend désormais sur quatre communes. L’implication de tous les acteurs est réelle. L’impatience de démarrer leur nouveau centre est à la hauteur des espoirs qu’ils y mettent car la prise de conscience d’éradiquer la pratique de l’excision a fait germer les volontés et les motivations. Ils deviennent acteurs de leur propre projet car désormais il leur appartient.

Mali Flo n’est plus qu’un accompagnateur.

Mis à jour (Lundi, 11 Juillet 2011 19:55)

 
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