L'enquête
ENQUETE EXCISION 2010
La lutte contre l’excision dans les communes de Fatoma, Kounari et Bassiro est devenue aujourd’hui plus qu’une réalité. Apres plusieurs années de combat, nous sommes parvenus à des résultats méritants d’être pérennisés. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui toute la communauté s’est impliquée dans le processus. A travers des actions concrètes les acteurs du terrain n’ont ménagé aucun effort pour dire, témoigner et même s’impliquer dans des circonstances particulières
L’année 2010 a été une année d’engagement total des populations dans la lutte contre l’excision. L’organisation interne des acteurs et leur mise à niveau sur les techniques d’animation a été mise à profit. Il s’agit des relais villageois, des membres de bureau des zones.
Leur organigramme dénote l’engagement total qu’ils ont garanti par la mise en place des bureaux par les villages. En les supervisant par les chefs de villages un pas de plus est franchi en matière de la lutte contre l’excision dans ce milieu rural compte tenu du poids de la tradition qui pèse beaucoup sur la population. C’est en s’appuyant sur cette réalité que l’on espère tendre vers la réussite à travers la responsabilisation des villageois.
Cette responsabilisation a été identifiée et discutée.
Faire une lutte intégrée dans un programme de développement local
Promouvoir ce développement vers l’autosuffisance financière
La création d’un centre est envisagée pour les activités de toutes les communes afin de les amener à un autofinancement.
Compte tenu de tous ces facteurs L’APECF et MALI FLO à travers le programme élargi de lutte contre l’excision ont entamé des rencontres d’échanges avec la communauté et les acteurs de terrain sur le projet en cours. Tous les villageois y sont favorables et montrent leur impatience.
Pour commencer ce projet un repère est indispensable au 0 point de départ afin de voir au bout de deux ans où nous sommes arrivés. Tel est l’objectif de l’enquête menée.
Aucune statistique relative à nos activités jusqu’à cette année 2010 n’a été faite. Nous avons la confiance de la population et nous appuyons sur leurs témoignages.
Les activités ont commencé en 2006. Il faut cependant reconnaitre que les villages issus de la commune de Fatoma ont tous débuté la même année. Avant de parvenir à leur faire comprendre et accepter la nécessité de notre combat, certains villageois ont déplacé leurs enfants dans les autres communes pour les exciser. Ces villageois réticents ont fait exciser leurs petites filles la même année en 2007. A ce moment les communes de Kounari et Bassiro n’étaient pas sensibilisées. C’est la raison pour laquelle nous avons un certain nombre de filles excisées en 2007 dans les villages de la commune de Fatoma.
Quant nous sommes intervenus dans les deux autres communes en 2008, les populations ont manifesté quelque réticence comme à tout début de cette activité liée fortement à la tradition du milieu. Ces deux communes ont aussi envoyé leurs enfants dans les communes voisines et même ailleurs, dans d’autres localités du pays. C’est pourquoi le nombre de filles excisées dans ces deux communes donne un chiffre important. Presque toutes ces filles sont excisées en 2008. Pour les personnes plus circonspectes, leurs filles sont excisées en 2009.
Les filles ayant eu des complications ont des parents non participatifs au processus d’abandon de l’excision dans les villages. Mais ces mêmes parents aujourd’hui ont accepté l’abandon de l’excision à cause des complications rencontrées par leurs enfants suite à cette pratique. Ils sont devenus, à la fin, des animateurs / témoins dans les villages
Un adage bien connu au Mali dit « Coutume ancienne ne signifie pas vérité ancienne ». Cela signifie que de plus en plus les populations prennent conscience des dangers que cause la pratique de l’excision et décident de s’impliquer pour l’éradiquer.
Cette enquête démontre que malgré les efforts consentis jusque là il reste beaucoup à faire. Cela est du tout simplement aux fortes résistances de la pratique causée par le poids socioculturel. La volonté de la population est d’assurer un avenir meilleur à leur petite fille.
Le centre en cours de réalisation est un atout majeur pour la réussite de cet objectif.
A ce jour nous n’avons rencontré aucune famille non favorable à l’abandon et à la création de ce centre. Cela est du aux différentes rencontres que les villages ont eu à faire sous forme d’assemblées afin d’informer la population de l’enquête en cours et son importance sur le plan de la gestion technique du nouveau projet. La participation de tous les villageois dans le processus de l’enquête est exceptionnelle. Ils nous signalent quelques personnes rencontrées dans les villages de la ZONE E (Fatoma) qui sont toujours réticentes à l’abandon de l’excision (voir tableau des résultats d’activités ZONE E (9 VILLAGES)
Sur 4 villages, 38 personnes ont été identifiées. Des mesures sont prises pour les amener à s'impliquer dans le processus. Pour cela nous travaillons avec les chefs de villages mécontents de la marginalisation de ces individus.
Dans l’ensemble tous les villages ont renouvelé leur engagement dans l’abandon total de l’excision. Ils souhaitent continuer la sensibilisation pour ceux dont le recrutement n’est toujours pas envisagé. Il s’agit d’une lutte de longue haleine qui demande quelques éléments importants pour réussir notamment :
Le centre nous sera une source financière permanente et fiable parce qu’il s’agit de notre propre effort qui financera nos propres activités dans les villages.
Les résultats statistiques de l’enquête démontrent que des efforts considérables ont été faits jusque là. De 2007 à 2010, quelques 1438 filles ont subi la mutilation génitale féminine sur les 8481 FILLES enquêtées dans les différents villages des 3 communes.
Au total 17% des filles ont été excisées et 83 n’ont pas subi cette mutilation depuis 2007
51% des enfants excisées ont été victimes de complications
Mis à jour (Lundi, 11 Juillet 2011 21:15)



