Le Sida à Fatoma

Epidémiologie:
En 2003 grâce à l’aide de l’Association des Pairs Educateurs de la Commune de Fatoma des séances de dépistage ont été organisées avec l'ONG DANAYA SO Mopti dans 2 villages de la commune. Cinq cas du VIH ont été signalés. Parmi eux trois sont décédés et deux personnes sont sous traitement ARV.
En 2007-2008 avec l’ouverture du centre de dépistage de Fatoma, 678 personnes ont été dépistées. Parmi elles, 40 étaient testées positives.
Contexte existant à Fatoma
Le travail s'inscrit dans la suite logique d'une campagne de conseil et dépistage volontaire du VIH/SIDA mené par l'État Malien.
La Commune de Fatoma est reconnue par excellence comme une zone d'élevage. L'existence d'un marché à bétail fait d'elle un carrefour pour les marchands de bétails qui viennent de différentes régions du Mali et des pays voisins.
Les éleveurs voyagent de pays en pays pour vendre leur cheptel laissant derrière eux femmes et enfants. Ils reviennent généralement atteints de maladies telles le VIH/SIDA.
Outre la pratique de la polygamie, après un décès, la coutume veut que le grand frère ou le petit frère du défunt récupère femmes et enfants quelle que soit la cause du décès.
Souvent toute une famille peut être contaminée sans le savoir. Ainsi se propage la maladie, causant des dégâts et ravages considérables dans la commune laissant des enfants orphelins et des femmes veuves.
De plus, la population la plus jeune, qui ne trouve pas de travail localement, est atteinte massivement par l'exode rural. La proximité de pays voisins comme le Burkina Faso, la Côte d' Ivoire et même le Gabon favorise cette expatriation. Dans chaque famille, au moins une personne est en migration.
Très souvent c'est le chef de famille lui-même qui est parti. Une fois la récolte faite, c'est le grand voyage des hommes laissant derrière eux femmes et enfants. Vu la séroprévalence des zones d'accueil et les comportements que les jeunes peuvent adopter en exode, ils deviennent des vecteurs potentiels.
Cette situation est préoccupante.
Aujourd'hui des personnes dépistées séropositives au VIH, sont perdues de vue au cours du suivi post-dépistage.
A travers notre expérience, nous nous sommes aperçus qu'un réel climat de confiance s'est instauré au sein de chaque village suite à notre déplacement vers la population.
Par ailleurs, leur demander de se rendre au centre de référence pour le dépistage et/ou le suivi, les incite à devoir se déplacer, dans des conditions souvent difficiles et précaires.
Plus encore, entrer en contact avec de nouvelles personnes qu'ils ne connaissent pas, est un frein, voire, bloque tout espoir de suivi.
Malgré toutes ces activités menées, beaucoup reste à faire car tous les vecteurs mentionnés précédemment ne vont pas en décroissant. L'exode se maintient voir s'accélère et le marché à bétail draine autant si ce n'est de plus en plus de monde
Le travail est fastidieux et les conditions de déplacement souvent difficiles. Les pistes en brousse sont sableuses et pleines d'ornières ou de pierres rendant la conduite délicate.
L'acheminement du matériel et du personnel se fait non pas en véhicule à quatre roues mais en simple triporteur et moto dont le budget est incomparable. En saison de pluie les pistes sont souvent inondées et plus ou moins praticables.
La stratégie avancée est le moyen le plus efficace dans la commune de Fatoma pour toucher toute la population. De part les résultats obtenus, il a fait ses preuves mais tant reste encore à faire pour permettre de faire bouger, avancer et changer toutes les croyances et comportements afin d'arriver à notre but à savoir l'insertion des malades atteints du VIH SIDA au sein de leur famille. La marginalisation de cette population se fait encore ressentir car la honte pèse sur les épaules de ces patients. C'est donc un travail de longue haleine et de fourmi. La conviction et la foi en ce que fait l'équipe d'animation est inébranlable. Encore faut-il leur donner les moyens de perdurer dans le temps.
Le financement du centre de dépistage du sida est arrêté depuis trois ans maintenant mais le travail a pu continuer de part la motivation personnelle des animateurs.
L’Association Mali Flo est un partenaire privilégié car très impliquée parmi tous les villageois et dans tout le travail du centre.
A ce jour elle est en attente d’un financement de l’état malien mais des détournements de fonds dénoncés par la banque mondiale en retardent l’arrivée.
Mis à jour (Lundi, 18 Juillet 2011 04:58)



