Le Sida au Mali
Dans ce pays on parle de la pandémie à visage découvert. Au Mali, le taux de prévalence du VIH/sida est de 1,7 % pour une population de 10,5 millions d’habitants. Une baisse de l’espérance de vie à l’horizon est à craindre.
Au regard de la situation, le sida n’est plus un sujet tabou et l’engagement actif des leaders d’opinion à divers niveaux comme la prise de conscience générale gagne du terrain face à la maladie.
Après la découverte du premier cas de VIH/Sida au Mali en 1984, il a été mis en place le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS). Plus tard en 1996 le Centre de Soins d’Animation et de Conseils (CESAC) a vu le jour dans l’optique de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH).
Le Mali est le premier pays africain en termes de malades mis sous traitement, a déclaré le secrétaire exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le SIDA (HCNLS) Malick Sène,
Aujourd’hui, le Mali a pu mettre sous traitement plus de 77% de couverture.
Selon le secrétaire exécutif du HCNLS, face aux acquis, son institution a d’énormes défis à relever. Ces défis sont essentiellement liés au renforcement du cadre institutionnel, l’extension de l’offre de services par l’intensification du dépistage, la décentralisation, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination et la mobilisation de ressources financières sûres et pérennes surtout au niveau interne à moyen et long termes.
A l'heure actuelle, toute personne diagnostiquée séropositive au VIH est référée au centre de santé dont elle dépend. Elle doit s'y rendre pour pouvoir être suivie et prétendre à la gratuité du traitement. Suite à la décentralisation des soins devenue une réalité au Mali depuis 2001, cette période a marqué le début de l'Initiative Malienne d'Accès aux Antirétroviraux (IMARV). Avec la mise en œuvre d'une politique de gratuité des soins en 2004, on dénombre trente et un sites de traitement fin décembre 2006 répartis sur tout le territoire, conformément à la politique de décentralisation de soins, à l'accès universel et à la directive salutaire du Président ATT: «je veux que les médicaments aillent aux malades.................».
La première journée mondiale a été célébrée régulièrement le 1er décembre par tous les pays. Elle est devenue l’occasion pour les gouvernements, les conseils nationaux de lutte contre le SIDA, les ONG, les associations et les communautés de faire le point des activités menées.
Le Mali a institué tout le mois de décembre comme le mois national de lutte contre le SIDA. Les activités sont célébrées sur toute l’étendue du territoire national au cours desquelles des activités d’information, de sensibilisation, d’éducation et de prise en charge sociale et médicale sont menées un peu partout.
En Afrique, en particulier au Mali, les personnes vivant avec le VIH sont plus ou moins considérées. Les jeunes et les enfants qui sont malheureusement les plus infectés par le VIH souffrent d’un énorme stress mental à force de voir les gens qu’ils aiment les ignorer à cause de leur maladie. Depuis que le Sida a fait son apparition au Mali, des associations et des ONG ont fait des campagnes de sensibilisations à la télévision, à la radio et même dans la presse. Mais jusqu’à présent certaines personnes atteintes de sida sont toujours rejetées par leurs proches et la population. Dans certains villages du Mali, quand on souffre du Sida, il faut se cacher pour ne pas être montré du doigt. En effet on pense toujours que le Sida se transmet uniquement par les rapports sexuels non protégés. Ainsi, si une jeune fille est atteinte du Sida, on pense que c’est parce qu'elle a plusieurs partenaires.
Il en est de même pour les jeunes garçons. Quand une personne est infectée étant célibataire, il est difficile pour lui de se marier parce que les gens pensent qu’il ne peut pas avoir d’enfants. Ils ont peur aussi d’être infecté à leur tour. Il y en a même certains qui pensent que manger ou cohabiter avec une personne vivant avec le Sida peut donner le Sida. Est-ce que les Sidéens seront un jour accepter et bien vus au Mali?
Il ressort des enquêtes effectuées que les jeunes adoptent des comportements à risques :
- 65 % des jeunes ont leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 18 ans
- 53 % des jeunes ont eu des rapports sexuels le mois précédant l’enquête.
Près de 20 % des garçons ont eu plus de 3 partenaires sexuels dans les 12 derniers mois précédents l’enquête.
On souligne aussi que « près de la moitié des jeunes n’utilisent pas le condom par confiance en leur partenaire. Pire! Deux jeunes interrogés sur trois ne croient pas en l’existence du Sida. A ce triste constat s’ajoutent la prostitution, la multiplicité des partenaires sexuels etc., qui exposent à des risques d’expansion voire une explosion de l’épidémie du VIH/Sida au Mali.
Mis à jour (Lundi, 18 Juillet 2011 04:47)


