Réfection du centre de dépistage

LE CENTRE DE DEPISTAGE VOLONTAIRE DE FATOMA

LE BATIMENT

Le centre de dépistage volontaire du sida de Fatoma a été inauguré en décembre 2007 dans les anciens locaux désaffectés de la maternité du dispensaire auquel il est intégré. Constitué actuellement de trois pièces en enfilade dans un couloir ouvert sur ses deux côtés, il est accolé à un bâtiment servant de tout et de rien, aujourd’hui utilisé en tant qu’hébergement du gardien et de sa famille.
L’entretien des locaux du dispensaire revient à l’ASACO. Sollicitée à plusieurs reprises par le personnel de santé, cette dernière ne fait rien. La mairie est muette à ces appels également faute de financement.

TEMOIGNAGE

Dimanche 26 Septembre 2010

« La rénovation du centre de dépistage volontaire du sida a débuté hier. Daïcouri est très excité et se transforme en contremaitre et conducteur de travaux. Comme à son habitude il est inabordable en pareille circonstance. Il faut dire amen à toutes ses demandes. Mali Flo finance ce travail de réfection qui n’est pas moindre. Cette rénovation tient particulièrement à cœur à Daïcouri car ce centre est l’ancienne maternité du dispensaire de Fatoma bâti au temps du régime dictatorial. Ce sont les villageois eux-mêmes de toutes la commune qui ont porté les matériaux et construit de leurs propre sueur ce bâtiment. Les bois de charpente sont en rônier beaucoup plus cher, rare mais résistant. C’est en expliquant cette implication de tous les villageois que Daïcouri justifie l’intérêt de le garder en état. C’est un travail communautaire. »

 

Mardi 28 Septembre 2010

« Une benne de sable est attendue depuis deux jours au dispensaire mais la pluie en a contrarié la livraison. Pour chaque passage de poste de contrôle, le chauffeur du camion doit justifier de son chargement et verser une taxe de passage aux policiers. Pour déduire ces frais une lettre de demande de la mairie a été rédigée et signée. Déposée le jour même dans les mains de l’officier en place ce jour là, Daïcouri et moi-même allons vérifier que le poste est bien en possession du dit document. Aucune trace. Il faut retourner à la case départ et courir à la solution la plus rapide car la benne est là.
Le sable est déversé devant le dispensaire. Un charretier est chargé de le rentrer à l’intérieur de la cour, le lendemain étant jour de marché. »

 

Mercredi 29 Septembre 2010

« Les travaux du centre de dépistage du sida avancent vite. Deux maçons du village même ont été appelés. De ce fait ce sont deux chefs de famille et deux entreprises qui ont un petit bénéfice assuré. L’un est chargé de rénover les murs extérieurs, l’autre est chargé de restaurer le toit et les murs du couloir, ce dernier étant transformé en plusieurs pièces.

 

Il fait très chaud. L’effort physique demandé par un tel labeur rend la tâche plus fastidieuse. La moiteur coule sur leurs corps musclés et poussiéreux. Ils travaillent jusqu’à épuisement. Après un premier enduit fait d’un mélange de ciment et de sable, ils procèderont à un crépissage de toute la surface extérieure attenante au centre.
Pour la réfection du toit il faut niveler l’ensemble avec du banco avant de l’imperméabiliser. Il faut creuser les bordures et cimenter les gouttières d’évacuation d’eau. A certains endroits le toit est affaissé, la charpente en rônier est découverte.

La peinture du couloir doit être grattée afin que l’enduit de ciment puisse adhérer à la surface. Le manœuvre à qui la tâche incombe respire la poussière qui colle à sa peau suintant de sueur.
Les fermetures extérieures de ce couloir sont déposées par le ferronnier.
Tout prend forme. »

 

Samedi 2 Octobre 2010

Les travaux du centre de dépistage du sida continuent. Les murs ont été nivelés et enduits avant d’être crépis par la suite. Le toit est à nouveau aplani, ses bordures refaites, reste à les protéger de ciment. Le couloir a demandé un gros travail de décrépissage et remise à niveau. Il faut désormais le crépir et le peindre. Les fermetures extérieures sont en place.

 

Beaucoup de villageois s’étonnent des travaux et nous félicitent. Les politiciens eux-mêmes et chef de village se déplacent curieusement pour constater le résultat. Tous les villageois que l’on rencontre pour les projets excision et sida sont fiers de notre initiative et sont ainsi réconfortés dans leur énergie. Une inspection du centre de référence de santé de Mopti s’est faite aujourd’hui. Ils étaient surpris et contents.
Normalement ces bâtiments sont à la charge de l’ASACO sous contrôle de la mairie. Mais rien ne se fait car les finances sont déroutées par de mauvaises personnes.

Pour le projet sida les clubs de jeunes se forment avec enthousiasme. Cela va trop vite même.

Dimanche 3 Octobre 2010

Au CCDV les murs extérieurs sont crépis avec un mélange de sable, de ciment et de peinture.

Le sol bureau est également nivelé et cimenté.

Lundi 4 Octobre 2010

La toilette du centre de dépistage a beaucoup avancé quand je suis retournée à Fatoma en fin de journée. Les fermetures extérieures et le couloir sont en «peinturage», le crépi extérieur

Dimanche 10 Octobre 2010

 

Le centre de dépistage du sida est en cours de finition. Le menuisier détaché à la confection des cloisons qui diviseront le couloir en petites salles ne peut scier à la main le bois rouge déjà acheté. Ce bois est un bois dur très résistant au termite. Il faut le porter à Mopti pour le préparer.
La peinture est finie. Murs et fermetures extérieures sont en place.
Un nettoyage de l’environnement a débuté pour effacer toutes les traces des travaux.
Les petits arbres sont amoureusement arrosés.


Lundi 18 Octobre 2010

 

Le centre de dépistage est bientôt en phase d’achèvement. Un problème de menuiserie retarde la finalité des travaux. Le bois rouge fourni pour cloisonner le couloir est très dur et doit être scié à Sévaré pour répondre aux exigences du menuisier.

Un peintre a été sollicité pour signaler sur le haut de la façade le bâtiment.

Mercredi dernier une inspection nationale du centre de dépistage a été effectuée nous réconfortant dans l’attribution du budget. Une telle procédure est systématique avant tout démarrage de projet pour le sida. L’ensemble de ce contrôle s’est bien passé. Il nous faut maintenant accélérer les derniers préparatifs et organiser notre envol avec tout ce que cela comporte d’exigences.

Dimanche 24 Octobre 2010

Le centre de dépistage finit de s’apprêter. Les menuiseries sont en train d’être posées cloisonnant le couloir en compartiments plus intimes. Le peintre doit faire le fond mural du fronton et découper les lettres avant d’y rédiger l’enseigne.

Vendredi 17 Décembre 2010

Le peintre chargé des travaux de signalisation du CCDV a été sollicité à plusieurs reprises pour venir terminer son travail. Depuis quinze jours je n’ai cessé de le poursuivre mais n’ai pu obtenir qu’une partie de ce qu’il doit mentionner.

«FOYNERE» signifie «LUMIERE». C’est ainsi que les villageois ont baptisé le centre de conseil et dépistage du sida.

«FOYNERE» ce qui signifie «LUMIERE»

Lundi 3 Janvier 2011

Le centre de dépistage volontaire du sida a enfin terminé sa toilette, le peintre chargé des travaux d’enseigne a été rappelé depuis deux mois jusqu’à épuisement (nerf et forfait téléphonique). Daïcouri avait abandonné. Mais je n’ai pas cédé. Aujourd’hui on peut trouver le centre en levant simplement la tête.

Enseigne du CCDV

Un adjoint au maire m’a convoqué à deux reprises pour savoir ce qui en était. Derrière ce prétexte se cache la perversion et la cupidité afin de pouvoir tirer un profit personnel. Je ne lâcherai en rien ce à quoi je sais prétendre étant en relation directe et protégée par le haut conseil national de lutte contre le sida. Les travaux de réfection des locaux eux-mêmes auraient du être financés par l’ASACO, organisme gérant le dispensaire. On nous reproche de ne pas avoir déposé au bord du goudron une enseigne publicitaire. En fait elle était prévue mais les travaux ont dépassé les prévisions et le budget a amputé l’enseigne du bord de route.

 

Mercredi 5 Janvier 2011

Je contacte le haut conseil national de lutte contre le sida pour les informer des dernières activités financées par Mali Flo (Création et parrainage des clubs de jeunes pour les quatre communes, réfection du CCDV). Que d’encouragements! Lors d’un prochain passage à Mopti, le HCNLS va passer à Fatoma et a demandé un écrit sur tout ce travail communautaire.

 


 

Mis à jour (Lundi, 18 Juillet 2011 07:00)

 
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