Mardi 27 Décembre 2011
Mardi 27 décembre 2011
Il nous faut toute l’après midi pour remplir les formalités douanières et policières entre le Maroc et la Mauritanie.

Fiche d’embarquement de la 405 et frontière marocaine
Entre temps il faut également traverser quatre kilomètres de no man’s land entre les deux territoires. Il n’y a pas de route. Le sable et la pierre posent des problèmes à tous les véhicules. Je frotte le châssis sur une pierre plate et Maurice reste coincé. Ce ne sont que des épaves de véhicules brûlés ou désossés qui se présentent à nous. Triste spectacle !

Entre les deux frontières
Plus de six bureaux à visiter et formulaires à remplir tant pour le véhicule que moi-même. Tampons et signatures surchargent les passeports et autres papiers délivrés. Maurice, qui n’en n’est pas à son premier passage, connaît les ficelles à utiliser pour avancer et régler les délicats pourboires que ces hommes corrompus soutirent de chacun. J’assiste impuissante au déchargement qu’un douanier mauritanien impose à un africain parti pour visiter sa famille. Son petit fourgon est chargé d’une bétonnière usagée et autre matériel de bricolage que l’agent peu scrupuleux veut lui confisquer. J’ai souvent eu envie de crier contre cet état de fait. Ce jour là j’ai été écœurée et désappointée. Comment l’Afrique peut elle avancer si tout cela n’évolue pas ? Jusqu’à quand ?
On reprend la route en fin de journée. La 405 est en Mauritanie. Dès notre entrée dans cette contrée, la pauvreté agresse les yeux. Des petites cabanes de nomades sont plantées ici et là. Quelques dromadaires pointent leur bosse narguant le bitume et la modernité des transports actuels. Le train tire un lourd convoi de wagons surchargé de métaux extraits de différentes mines.

La 405 en Mauritanie
Nouakchott la capitale est à quelques cinq cent kilomètres encore. La nuit est tombée depuis quelques heures. On roule toujours. Les derniers kilomètres sont éreintants. Les postes de contrôle ont beaucoup freiné notre avancée. J’ai du mal à garder les yeux ouverts sur les cent kilomètres de la fin du parcours. Pour des raisons de sécurité je ne veux pas m’arrêter sur la route. Les pauses sont fréquentes, tous les quart d’heure. On arrive à trois heures du matin. Très fatiguée je suis contente. Je n’ai laissé aucun sou ou autre à ces agents tous aussi gourmands les uns que les autres. Ils ont ennuyé Maurice en contrôlant systématiquement son coffre.

On s’arrête dans une auberge. Le lit est dur. La douche chaude détend mon corps courbaturé. Pendant tout le trajet ma nuque et mes épaules ont pesé lourds sur moi. La crispation des dernières heures se fait sentir. Le manque de sommeil et de nourriture augmentent cette lassitude.
Ce n’est pas important. Je suis arrivée.
Ma douleur elle ne s’atténue guère.
Mis à jour (Vendredi, 30 Décembre 2011 22:07)



